Du lexique de bulliste

Une bulle immobilière est par nature temporaire.
Des prix qui baisseront de moitié en 5 ans.
Un prix d'équilibre sur une tendance long terme.
Les arbres et le ciel.
Permanence des cycles économiques.
Tarissement de la demande solvable.
Insoutenabilité des prix immobiliers.
Eviction des primo accédants.
Taux d'effort.
"Magic Friggit".
Une jeunesse qui ne peut plus payer les rentes des anciens.
Génération Miterrand à la mer.
Hiver de Kondratieff.

La baisse structurelle de l'immobilier des cinq prochaines années sera le fait d'un processus classique de désolvabilisation de la demande auquel la théorie des dominos et la politique des taux viendront accessoirement s'agréger...

Dédicace à JMP,Maxime,Kurt et jaimelekrach: les pioniers de la cause...

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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 13:36







Concernant le sujet qui m’obsède, en quelques questions centrales approfondies avec les autres blogueurs, il m’a été  aisé de cerner promptement l’absurdité du niveau des prix actuels de la pierre.

Les sites consacrés à la bulle permettent  aujourd’hui même à quiconque d’accéder en un seul clic à une prise  de conscience générale sur l’état du marché.

 

Des observations simples que viendront confirmer  la théorie économique et les commentaires de certains professionnels avisés.

L’édifice de ma conviction prenait du temps, mais ce temps était le gage de sa solidité.

En outre, les fameux cycles deviennent évidents lorsque les courbes sont disponibles sur le « net ».

Et que ces courbes sont belles…

Des questions sans détours  permettent d’ailleurs d’évaluer la situation, et  transforment de fébriles intuitions en conclusions claires.

 

Combien gagne en moyenne les français ? Qui sont les primo accédants censés faire des crédits pour soutenir des prix ubuesques ?

 Qui a des millions pour acheter des maisons ?

 

Cette étude est cruciale car elle permet de déterminer le potentiel de soutien du marché immobilier.
Il s’agit en quelque sorte d’une étude de marché relevant
 

d'une démarche simple et des questions claires de nature à prédire la tendance pour les années à venir…

Autant dire tout de suite que le marché d’aujourd’hui a besoin de jeunes couples très solvables, capables de rembourser en moyenne 1300 euros par mois pour avoir des enfants, et à qui on peut tout prêter sur 30 ans.

Moi j’ai bien peur que ces gens-là soient déjà propriétaires.

Selon mes petits calculs, les primo d’accession faciles sont déjà dans la bulle.

Un ami agent immobilier me confiait tout récemment qu’il avait désormais pour consigne  d’éviter les fonctionnaires.

Ces derniers ne gagnent plus assez, « il faut aujourd’hui des professions libérales bourrées de tunes ».

«  Mais ceux-là ont déjà acheté » me dit Loustik, « je passe mon temps à dire aux gens qu’ils n’ont plus le budget » déplore-t-il.

 

Car pour que le marché soit soutenu, il est indispensable que les locataires actuels, les « primo » restés sur le bas-côté, achètent à leur tour, afin de permettre aux propriétaires de vendre pour acheter plus grand et ainsi de suite.

Le marché ne peut donc se passer durablement des primo accédants comme une pyramide à besoin d’une base qui l’alimente par le bas.

Pour éviter le retournement, les plus pauvres doivent donc absolument intégrer le système afin qu’il perdure, quitte à les doper à coup de crédit sur 50 ans.

Ainsi les banques  et les pouvoirs publics tentent de nous trouver des formules de prêts hypothécaires sur de très longue durée ou de prêts à taux zéro dérisoires afin de relancer une demande qui s’essouffle considérablement depuis 2007.

Des formules  transmissibles à nos héritiers seraient même dans les cartons.

Nos dirigeants n’ont plus qu’une seule issue : « solvabiliser » les pauvres pour éviter un Krach.

C’est la fuite en avant.

 

Mais pourquoi en venir là, puisque l’ « immo » est une valeur  sûre et ne baissera jamais ?

 

Les adages de cette sorte ont fait oublier aux gens les principes de bases d’un marché économique tel que l’immobilier.

Marché inerte par excellence, il semble parfaitement imperturbable et invincible en temps de hausse et convainc facilement les foules de sa perpétuelle valorisation.

 

 

L’immobilier est pourtant un marché qui se caractérise uniquement par un nombre de transactions sur une durée, un niveau de prix, et un état des stocks à vendre.

En fonction du nombre de ventes au prix du marché à l’année « A », les prix se déterminent pour l’année « B », et ainsi de suite.

A la différence de la bourse, il s’agit d’un marché inerte dans le sens ou son cours se détermine à plus long terme. Il n’a pas de réactivité immédiate.

 On dit qu’il est bien moins « liquide » car des mois sont nécessaires pour transformer de la pierre en « cash ».

 

 

On constate alors que les ménages réalise environ 900 000 opérations par an, il en faudra donc autant et au même niveau de prix chaque année pour soutenir le marché.

 

Depuis 1998, chaque 31 décembre a vu le nombre de ventes augmenter, et depuis 2000 cette pression est telle que les hausses anuelles sont à deux chiffres.

L’ascension est à ce point vertigineuse qu’elle contredirait presque ceux qui affirment que le marché est sain et que l’immobilier est un bien de prestige indispensable qui ne baissera jamais.

Or la valeur d’un bien ne peut pas doubler tous le 5 ans, c’est peut être vrai pour les produits consommables comme le pétrole ou périssable comme la nourriture mais impossible pour un actif et à fortiori une maison qui se garde en moyenne 7 ans.

 

Croire que les prix perceront un jour les nuages revient à contredire les fondamentaux économiques de l’offre et la demande rapportés au taux d’effort des ménages.

Aujourd’hui ce taux est à son comble, c'est-à-dire que la moyenne des français ne peut plus suivre. 35% en moyenne de leur revenu sont destiné à leur toit, ils sont aux taquets.

Or pour soutenir le marché en 2008, nos professionnels devront vendre autant de biens, au moins au même prix qu’en 2007, idem en 2009, et ainsi se suite pour les années à venir.

 

En outre, un marché immobilier ne peut se mettre bravement en attente de « resolvabilisation » de  la demande,  il doit impérativement enregistrer un nombre moyen de transactions au prix du marché sinon il s’inverse.

La violence de ce retournement est d’ailleurs fonction de la vigueur de la bulle qui la précédée.

Elle dépend en fait du niveau de soutien de la demande.

Qui sera là pour acheter demain et à quel prix ?

Car une fois que tous les acquéreurs solvables sont dans la bulle, l’offre prend le dessus sur la demande et entame un nouveau cycle, on parle alors d’un marché d’acheteur.

La courbe des prix  prend ainsi une forme sinusoïdale où se succèdent des périodes en moyenne de 7ans alternant hausse et baisse successivement.

 

Pour les vieux de la vieilles, ces principes relèvent de la palisse, je ne leur apprends rien.

C’est la base de l’économie.

Ces papys avertis connaissent la permanence des cycles économiques et savent que plus la bulle est intense plus les risques de Krach s’accroissent.

Mais le savoir en matière de bonnes affaires ne se communique pas.

Les professionnels de la spéculation  ont ainsi déjà revendu leurs pierres pour se consacrer à autre chose.

Comme on irait aux champignons, pour eux, tous les dix ans environ, c’est l’heure des plus-values.

Les autres, convaincu que l’immobilier grimpe éternellement, s’extasient sur la valeur latente de leur patrimoine ou pestent contre l’ISF.

 

 

Par mazout
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 12:53




Génération Miterrand à la mer :

 

 

Certains auteurs stigmatisent depuis quelques temps le déclassement des diplômés au travers de générations flouées et de perspectives de « guerre intergénérationnelle ». Il était temps, après 10 ans de grande braderie des petits destins français.





En marge du phénomène, la spoliation intergénérationnelle par la pierre commence elle aussi à taper franchement sur les systèmes et devient une caillasse de plus à lancer en direction de nos aînés. Quand la réalité vous déclasse après 7 ans de marché du travail, quand elle n’accorde pas le droit de payer des impôts malgré vos 5 ans d’études, et  laisse des milliers de prisonniers de leurs taudis prématurément entrevoir ce que nous pourrons éprouver en payant des retraites insoutenables avec des salaires de "creuvards".

Quand les chiffres et les faits viennent me gratter les poils de nez, je ne peux qu’imaginer la suite dans mon coin et oser  livrer mon ressenti au propos d'un quiproquo qui ne tardera pas à se faire connaitre…

  Car bien au-delà des complaintes et des satisfecit de sociétés justes et « finies », il apparaît que les temps changent mais que les croyances demeurent. Les vents de la mondialisation balaient allègrement notre sol devenu inutile mais ne semble pas ébranler  pour autant la France d’avant. Nos mentors qui n’ont rien vu venir, n’ont toujours pas compris que l’embouteillage monstre qui obstrue le marché de travail a fini par pousser les castors juniors nationaux à se chercher des chemins de traverses tout en jetant leurs éponges à la benne. Les cerveaux français s’ils ne sont pas en fuite, sont tout simplement enterrés…

La rupture, « la vraie », poursuit sa gestation par une marche lente et insidieuse qui ne dit pas son nom. Les ingrédients se rassemblent progressivement et concourent à la formation d’une lame de fond incandescente de ressentiments intergénérationnels sans que la question n’affole encore personne.

Les déclassés, tout en reconnaissant leur privilège de ne pas être des enfants de « Bogota », se demandent finalement s’il ne vaut  pas mieux prendre goût à la marginalisation et envisagent de plus en plus sérieusement  le décrochage intégral. A cette masse polymorphe et anonyme convertie à la décroissance, il sera bien difficile alors de faire valoir une quelconque solidarité générationnelle pour l’avenir quand elle-même aura renoncé au sien.

Levons également notre verre au passage à la santé de nos recruteurs français dont le rôle n’est pas neutre et qui cultivent avec panache une exception bien de « chez nous » faite de rigidités et de peur du risque. Merci à tous les verrous français et nous verrons bien, après tout nous entrons dans l’hiver de Kondratieff…

On peut en revanche être surpris de constater  que la colère soit à ce point contenue chez des jeunes qui à quarante ans seront encore trop jeunes ou trop vieux, peu importe. Contre toute attente, nos « primo » nationaux s’accrochent au marché, aux modèles du passé et à l’immobilier, sans réaliser vraiment leur propre rôle de variable d’ajustement. Pour des coqs en pâtes lymphatiques, ils font preuve à cet égard d’une insoupçonnable capacité de résistance et demeurent statistiquement dignes ainsi que mesurés malgré les quolibets trans-générationnels.
Alors que le statut de « non imposable »  devient chez eux une nature et  la surenchère aux diplômes un déni du mérite, ils s’efforcent benoîtement de consommer comme ils le peuvent afin de soutenir le système de leurs braves aînés  et s’arment d’une patience qu’il croient encore nécessaire à la veille de constater   que le miracle n’aura pas lieu et que le passage de témoin n’est plus qu’un vieux pieux.

Mais à ce rythme de déconvenues, et avant même de voir des trains entiers prendre le départ pour des retraites dorés, il est à craindre que d’épais nuages de vapeurs amères de revanche ne viennent saisir subitement les narines poilues des déclassés qui auront un jour renoncer à se raser et à se couper les poils de nez..

De braves fantassins silencieux seront alors capables d’édifier, le plus naturellement du monde, des ponts transcendant les clivages avec les cités qui s’embrasent. Car les enfants-rois encore baignés d’illusions et d’éducation sont eux- aussi déjà bien ébouillantés, mais on ne les entend pas, on les aurait presque oublié au fond de la marmite…

Cependant, pas  de panique excessive, rassurons-nous, la génération Mitterrand attend pour l’instant patiemment qu’on lui demande de sortir des canalisations bourrées  de l’édifice productif commun, et cela sans parvenir  à porter un débat  audible concernant son mal de perspectives. Elle hiberne en faisant encore des gamins, et elle le fait bien. Sachez d’ailleurs vous réjouir des ses approximations et efforcez-vous de ne pas la réveiller avec trop de brutalité. Profitez encore quelques temps de sa léthargie avant que les dents ne grincent jusqu’à s’en faire péter l’émail. Car à la voir aujourd’hui résignée et considérant son manque de réaction instinctive, qui pourrait   en effet douter qu’elle puisse être en mesure de contribuer gentiment à la concorde nationale des années à venir ?

Ce dévouement grégaire au consensus demeurera certainement encore vivace jusqu’à ce que l’élite périphérique qui a raté son rendez-vous avec l’histoire ne se rende compte de sa spoliation définitive et ne constate que du flux des retraités ne lui reviendra que des retraites à payer. Les réformes budgétaires seront alors votre examen de passage pour un droit à une pension paisible…

Aujourd’hui ce  phénomène irradiant à la mathématique absurde s’apprête   à révéler sa nature volcanique et à donner  langues aux héritiers en leur qualité d’ayant droit. Enfin la révolte d’impuissants se meut. Si contre le CPE une majorité de  diplômés revendiquait simplement les mêmes droits que les autres salariés et derrière des masques blancs le mal être  sourd des stagiaires, cette génération endormie semble  tout récemment se doter d’une conscience de classe et réaliser les termes   du destin des sacrifiés qui consiste à avoir à passer seuls sous les fourches caudines des grandes mutations de sociétés. Et quand les trentenaires deviennent alors solidaires des petits frères, on ne parle plus de transition ou de conjoncture mais bien de génération.

Par bonheur pour elle, le capitalisme ne tolère guère de situations immuables que de manière passagère, et l’immobilier comme d’autres « bons coups » nous seront rendus abordables. La permanence des cycles veillent à la régénération des systèmes lorsque ceux-ci s’atrophient dangereusement, mais elle implique en revanche de passer au travers de zones de fortes turbulences et de participer un temps au déchirement social pour que  la colère se transforme un jour en action…

Conclusion sur un sarcasme à l’endroit de nos chroniqueurs qui tentent d’éviter encore une fois  une amorce de débat intergénérationnels par une stigmatisation des conséquences de 68. Là encore, on se rue sur ce qu’il est aisé de critiquer sachant que 68 fut la seule grande réalisation d'une  génération qui depuis n’a fait que suivre la facilité sans avoir de vision…

Quand l’avenir  inspire désormais à ceux qui furent censés incarner l’espoir, de n'avoir plus qu'à sauver les meubles et les apparences, il n’y a pas plus à croire en la croissance juste qu’en l'équité de la valeur ajoutée. Mais s’en prendre au 68tards n’a pasd’avantage  de sens, 68 restera une libération.

 




Par mazout
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 12:45

 

 



 

Un beau matin de printemps, Béa et moi chassions allègrement des maisons vers Peynier.
Des hauteurs de garrigue, nous faisions face à la Sainte Victoire.

Majestueuse montagne esseulée qui surplombe Aix et sa région, une curieuse et épaisse croûte de calcaire s’érigeant au milieu des pins.

Cézanne avait du suer tout son pastis à parcourir les chemins qui encerclent la montagne sacrée.

Les grillons hurlaient alors que la température se faisait de moins en moins supportable.

Nous avions rendez-vous avec un agent immobilier.

Peut être le trentième du genre.

« Quel est votre budget ?» « 270 000 EUROS », ce qui est faux.

Pour une telle somme, et avec un petit apport, on s’en sort avec 1200 euros minimum de mensualités.

Impossible donc, il faudrait gagner au moins 3500 euros.

Mais l’exercice consistait à faire croire en notre solvabilité, et surtout voir ce qu’il  restait de disponible sur le marché…

« C’est un peu juste mais on va chercher » nous répond le professionnel qui suait des gouttes…

J’entamais pour passer le temps une discussion à bâton rompu :

« 270 000 euros et ne rien trouver, quand les revenus moyens des foyers sont à 2600 euros en France.

C’est bizarre, non, monsieur ? »

« Pas du tout, vous ne pouvez pas vous imaginer l’argent disponible en France… »

« D’accords, mais à un moment donné tous les riches auront acheté. Or il faudra bien que les pauvres accèdent à la propriété un jour pour soutenir le marché »

« Je vois que Monsieur réfléchit en termes économiques, mais l’immo n’est pas de l’économie »..

« ah bon qu’est ce que c’est alors ? »

« C’est un marché très sain ou les gens achètent pour se loger, ça ne baissera jamais »…

J’insiste alors..

 «  D’accord, mais enfin pour les années à venir il faudra bien que les primo accédant réintègrent le marché, sinon le réservoir d’acheteurs va se vider, surtout si ça continue d’augmenter »…

« Non mais le marché n’a pas besoin de primo, il  y a tellement d’étrangers et d’investisseurs, qu’on peut se passer des gens à faibles revenus. »

« Mais vous venez de me dire que le marché est sain puisque ce sont les familles françaises qui achètent pour se loger »

« Ca c’était l’an dernier encore, aujourd’hui ce sont les investisseurs qui font le marché.

Mais si je vous dis que l’immobilier n’a jamais baissé. »

Ebahi par les contradictions, je ne résiste pas…

« Pourtant en 1991, il y a eu un krach suivi d’une baisse sur 5 ans. »

Son regard se crispe, alors qu'il semble comprendre qu’il a affaire à un mauvais esprit.

Il reprend sa recherche, puis se hasarde à nouveau.

« En 1991, la situation était différente, les spéculateurs avaient enflammé le marché »

Béa esquisse alors une ébauche de fou rire que je lui trouve irrésistible.

« Décidemment vous ne parlez qu’en contradictions, puisque vous venez d’affirmer que les investisseurs faisaient le marché »…

« Ce n’est pas ce que je voulais vraiment dire, mais non, je parlais de spéculateurs, ce qui est différent des investisseurs, l’immobilier ne baissera pas, je vous le dis, mon petit! »

 

La seule maison susceptible de nous être accessible se trouve à la sortie du bourg face à la sainte victoire…

Elle semble spacieuse, avec des arbres et un jardin, 260 000 euros, c’est inespéré…

 

Evidemment, arrivés sur les lieux, on apprenait qu’elle était frappée d’alignement, mais c’est un détail, et que ses murs servaient de rambarde de sécurité à la route nationale qui vous assourdissait.

Un comble quand même pour une chaumière à la campagne.

Et un cocon idéal pour devenir un jour  militant impliqué dans le combat anti-bruit ou anti-camion, au choix.

Celui qui achète ça à 260 000 euros deviendra à coup sur un grand paranoïaque bâtisseur de mur d’enceinte…

Et comme pour enfoncer le clou, le vendeur nous montre du doigt le coin balançoire.

« Je vous demande de vous projeter et de voir vos enfants jouer dans le fond du jardin ».

Curieuse mais rarement dupe, Béa se dirige alors  vers  le coin des bambins et une fois sur les lieux  interpelle  le vendeur avec ironie…

A cet endroit précis, la clôture avait été défoncée quelques jours plus tôt par un choc manifestement très violent.

Des éclats de verres étaient satellisés autour de la balançoire au pied de laquelle gisait une plaque d’immatriculation  oubliée après une sortie de route décidemment incontrôlée. 

Une vision de recul m’a aussitôt  projeté en travelling arrière, devant moi un tableau, pour qu’un frisson d’effroi  me fouette comme un flash.

Mes deux enfants morts à mes pieds, moi avachi sur la balançoire,  et un policier qui approche pour nous expulser.

« Effectivement, mais je pense que vous aurez plus de chances de la vendre à des couples sans enfants… »

On y avait quand même cru au moins cinq minutes.

Mais 260  000 euros, c’était trop beau.

Par mazout
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Enfin le début de la fin de l'ère d'une bulle immobilière qui semblait pourtant sans fin...

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