Une bulle immobilière est par nature temporaire.
Des prix qui baisseront de moitié en 5 ans.
Un prix d'équilibre sur une tendance long terme.
Les arbres et le ciel.
Permanence des cycles économiques.
Tarissement de la demande solvable.
Insoutenabilité des prix immobiliers.
Eviction des primo accédants.
Taux d'effort.
"Magic Friggit".
Une jeunesse qui ne peut plus payer les rentes des anciens.
Génération Miterrand à la mer.
Hiver de Kondratieff.
La baisse structurelle de l'immobilier des cinq prochaines années sera le fait d'un processus classique de
désolvabilisation de la demande auquel la théorie des dominos et la politique des taux viendront accessoirement s'agréger...
Dédicace à JMP,Maxime,Kurt et
jaimelekrach: les pioniers de la cause...
De l'inflation à la déflation : acte 1
Au creux de cette chaotique 2008, notre héritage macroéconomique porte les stigmates de six ans de politique expansionniste menée de concert par Alan
Greespan, éleveur patenté de cadavres dans le placard, et les autres banques centrales occidentales.
Pour faire face à l’explosion de la bulle internet et en appliquant les bons vieux principes monétaristes, nos apprentis sorciers ont planté les taux au plancher pour éviter une récession. Une solution très classique pourtant quand il s’agit de contourner un iceberg majeur.
Mais 6 ans c’est long. Et c'est pendant 6 longues années que les banques centrales ont joué le jeu de la relance monétaire en baissant les taux d’intérêt au plus bas afin de faire tourner à plein régime les réacteurs du crédit et sauver les apparences de la croissance.
Une dynamique vertueuse de l’argent facile de nature à transformer tout actif en or massif et alimenter des bulles un peu partout et notamment immobilières.
Un temps qui ne peut durer évidemment qu’un temps.
Le temps soit d’apercevoir les limites de la solvabilité des ménages qui ne peuvent plus suivre l'inflation des actifs malgré l’argent facile soit de constater les désastres du surendettement.
Aux Etats-Unis, terre d’endettement libre et à la carte, ce fut évidemment cette dernière hypothèse qui déclencha la rupture du cercle vertueux.
A la première remontée de taux, et considérant la généralisation des prêts à haut risque auprès de ménages qui n’auraient jamais pu normalement acheter en haut de cycle, un train entier de pauvres propriétaires ont pris la porte brutalement.
On connait la suite, de leurs défaillances se nourrissent des dépréciations d’actifs et de placements qui donnent lieu à une succession en chaîne consistant à l’effondrement du marché immobilier et à l'émergence d’une crise financière propre à faire connaître les limites d'un système ainsi qu’à le discréditer.
On découvre donc en septembre 2007 que les usuriers ont fagoté leurs rentes émanant des pauvres bougres pour se les refiler entre banquiers pourtant avisés des dangers du marché…
Quelle bonne blague que de revendre en douce aux petits copains des créances fortement douteuses mais bien maquiller.
Car truquer est devenu aujourd’hui un art, celui de la titrisation.
Nos géniaux vendeurs de crédits ont pris impunément appui sur la croyance en un immo éternellement valorisable, faisant mine de nier dans le bordel général l’existence d’un risque crucial : celui de l’essoufflement inéluctable d’un système fondé sur la création de valeur fictive.
Dans les autres pays à haut risque tels que l’Angleterre, l’Irlande et l’Espagne, le scénario immo résultera donc des mêmes principes de surendettement et de défaillances ajoutant des couches à la panique actuelle.
En France par contre, le retournement trouvera d’avantage sa source dans l’essoufflement mécanique de la demande solvable que dans le piège des taux variables et des hypothèques rechargeables.
Plus long mais pas moins bon.
Malgré les différences, les tendances seront les mêmes partout.
Car on peut le prendre par tout les sens, le marché retombe toujours sur sa base.
Et en termes de base, il apparait qu’on ait oublié quelques fondamentaux.
Comme celui de l’intempérance du marché qui nous oblige aujourd’hui à envisager un autre cycle.
On est allé au bout de la stimulation, il est temps de prendre une bonne correction.
Et c’est avec la même régularité qu’après 5 ans de crédits à taux bas forcenés, l’inflation se fait mécaniquement connaître alors qu’on la croyait d’un autre âge.
La situation actuelle recèle ainsi une crise latente du crédit concomitante à un retour de l’inflation.
L’argent facile devait forcément faire grimper les prix tôt ou tard.
Si on stimule durablement l’activité en dopant le crédit, la théorie dit que l’inflation finira par pointer son nez.
Ce qui implique alors de relever les taux d’intéret afin de relâcher l’étreinte sur l’offre.
Nous sommes donc à la croisée des chemins en terme de politiques monétaires.
Deux voies s’ouvrent aux banques centrales : combattre la crise du crédit ou le retour de l’inflation.
On baisse ou on relève…
Et si peu importait ?
Il semblerait aujourd’hui que Bernanke et Trichet après avoir convergé dans leur politique, divergent désormais dans leur réponse apportée au retour de l’inflation et aux risques de crise du crédit.
Pour avancer une raison à ce découplage, on peut évoquer le décalage décelable entre les Etats-Unis et l’Europe en termes de progression de la crise immobilière.
Cette vision « dè-jumelée » du cap à donner prendrait donc ses germes dans la nature en cascade et constellée qui caractérise l’évolution du phénomène.
Une histoire de désolvabilisation que chaque pays vit séparément et qui s’enchaîne alternativement sur les différents territoires.
Une chaîne dans laquelle l’Europe est un peu à la traine en termes de maturation.
Chez nous, on entend encore les cris que de très loin.
On pourrait donc expliquer cette divergence d’appréciation de nos gouverneurs par la simple donnée revenant à constater le fait que l’explosion de la bulle immo est déjà avérée aux Etats-unis alors qu’elle est encore en gestation en Europe.
Sur la base de ce retournement, la FED anticipe les risques d’un « crédit- crunch » et cherche donc à relancer les turbines du crédit afin de soutenir l’activité malgré les menaces inflationnistes.
Bernanke sous-estimerait-il alors les dégats de l’inflation ?
Ce mal lointain était-il tant à redouter finalement.
Bernanke fait un choix. Et un choix digne des valeureux.
Des puristes « du toujours plus », élevés à la graine des volontaristes et de la fuite en avant. Entre les dangers de l’inflation et ceux d’une récession, Bernanke a voté.
Arroser quoi qu’il en soit, il en jaillira toujours quelque chose. Et puis l'inflation d'aujourd'hui n'a rien de comparable avec celle à deux chiffres d'antan.
Trichet de son coté est aux aguets.
Il peut encore se permettre l’attentisme puisqu’il a le droit de considérer encore non avérés les risques de retournement de l’immo en ses terres ancestrales et guettent les signes avant-coureurs d’une récession mondiale, de même qu’il attend anxieusement les premiers remouds d’une ébauche de perspective de crise des « subprimes » à l’européenne qui impliquerait alors une baisse des taux radicale de sa part pour éviter le "crédit-crunch".
Droit dans ses bottes, notre capitaine monétaire s’attend à tout, et nous la joue à l’ancienne afin de faire d’une pierre deux coups.
Garder une marge de manœuvre monétaire en cas d’éclatement de la bulle immo en Europe tout en tentant et en chantant de résister aux tensions inflationnistes.
Sur le cas Trichet, il est d’ailleurs tant burlesque que navrant d’observer tant de nos élus s’acharner comme des damnés à condamner la politique de la BCE pour des raisons d’euro fort et réclamer de manière hystérique la baisse des taux, synonyme de croissance assurée.
Vieilles lubies et impuissance publique, on demande de l’argent facile pour faire croire au mouvement : la distinction moderne de la politique économique.
Et voyez-vous donc, le plus illustre de nos hommes de pouvoir temporel invectiver comme il le peut pour masquer par son agitation, le constat cruel d’impuissance que tous ses pairs et lui-même sont amenés à opérer, tous dépassés qu’ils sont en ce nouveau contexte de mondialisation. Plus personne ne semble comprendre quoi que ce soit d’ailleurs.
Et les taux auraient-ils encore une influence aujourd’hui ? La BCE a-t-elle raison ou tort de ne pas baisser les siens ?
Pourquoi ne pas dire les deux, puisque la matière économique s’avère être le plus souvent qu’une question de point de vue et qu'elle s'apprête à nous réserver sous peu une issue des plus originales?
Enfin le début de la fin de l'ère d'une bulle immobilière qui semblait pourtant sans fin...
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